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n 0 Archives Valette - Tentatives d’assimilation

Il importe d'abord de préciser les limites et le sens de l'étude. Le monde berbère est particulièrement difficile à saisir. Au moment de l’occupation française, il comprend deux éléments différents : les Berbères judaïsés et les Berbères islamisés. Tous les Juifs algériens ne sont pas d'origine berbère, mais celle-ci domine et il serait vain de chercher à isoler les autres groupes, depuis ceux qui vinrent avec les Phéniciens jusqu'aux Livournais dont le sort fut identique en ce oui concerne le phénomène étudié. Quant aux Berbères islamisés, de beaucoup les plus nombreux, c'est à la population qu’il faut les rattacher dans le sens où nous entendons étudier les tentatives d'assimilation.
Celle-ci peut prendre, en effet, au moins trois formes. La plus réussie se traduit par la fusion à laquelle on aboutit grâce aux mariages mixtes : elle fut recommandée par des officiers aussi éminents que Pellissier de Reynaud et Charles Richard, pratiquée par des hommes comme Ismaël Urbain et le peintre Binet qui, en se convertissant à l'islam pouvaient même ouvrir le chemin à une assimilation à rebours, mais ce sont là des exceptions oui n'eurent aucune influence sur l'évolution générale. Par contre l'acculturation est un phénomène beaucoup plus étendu quoique d'intensité variable allant du simple vernis de civilisation occidentale à la transformation psychologique profonde faisant que les intéressés disent " Nous, Français" comme Staline, Géorgien, disait "Nous, Slaves" ; évolution difficile à apprécier quant à sa réalité et, dons tous les ces, très lente, ce qui explique qu’un éminent juriste tel Emile Larcher, au début du siècle, se refusait à modifier la législation (il s'agissait d'accorder la citoyenneté aux musulmans) avant que les mœurs aient changé". Ce sont cependant ces tentatives d'assimilation que nous étudierons, en les plaçant dans leur contexte historique, parce que seules elles peuvent être appréhendées avec précision. On parle le plus souvent de naturalisation, terme impropre, surtout depuis le sénatus - consulte du 14 juillet 1865 qui avait décidé que l'indigène musulman était français : à partir de ce moment, il s'agit seulement d'une "augmentation de capacité" c'est-à-dire pour l'indigène qualifié de "sujet" français de devenir "citoyen" français. C'est autour de cette notion d'accession à la citoyenneté Que s'organisera notre étude aussi bien pour les Juifs que pour les Musulmans, étant entendu que pour ces derniers le cas des Berbères ne peut être isolé, sauf exception de l'ensemble de la communauté islamique.


On trouve dans ce dossier trois différentes versions du texte (deux dactylographiées et une manuscrite), ainsi qu'une partie des documents de travail utilisés par Xavier Yacono pour la réalisation de ce texte :
- Notes manuscrites,
- Notices bibliographiques détaillées,
- articles et coupures de presse.

Numéro d'inventaire : 34671

Niveau d'autorisation : Public

Sommaire : I. Les juifs
1. La situation en 1830 et l'occupation française
2. De 1834 à 1870 : Vers une différenciation
3. 1870 - 1940 : La citoyenneté octroyée et vécue
4. 1940 - 1943 : La citoyenneté retirée
5. 1943 - 1962 : La citoyenneté recouvrée

II. Les musulmans
1. Jusqu'en 1865 : La citoyenneté impossible
2. 1865 - 1946 : La citoyenneté par option individuelle
3. 1944 - 1962 : La citoyenneté collective non sollicitée

Langue : Français

Origine : Don

Localisation : Local Archives

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